Magdalena Andersson, du Parti social-démocrate suédois
La présidente du Parti social-démocrate suédois, Magdalena Andersson, a annoncé lundi ne pas être en mesure d'obtenir un soutien suffisant pour former un nouveau gouvernement après la courte victoire du bloc de centre-gauche aux élections législatives du 13 septembre.
Le président du Parlement suédois devrait désormais se tourner vers le Premier ministre sortant Ulf Kristersson pour déterminer si celui-ci est en mesure de former un gouvernement, bien qu'il ait annoncé sa démission le 17 septembre. Les Modérés, qu'il dirige, est le deuxième parti politique du pays après les sociaux-démocrates.
"Je peux conclure qu'il n'existe actuellement aucune possibilité pour moi de former un gouvernement", a déclaré Magdalena Andersson lors d'une conférence de presse, expliquant avoir perdu le soutien du Parti de gauche.
Le bloc de centre-gauche a remporté 176 sièges lors des élections législatives, contre 173 pour la coalition de droite au pouvoir.
Ce résultat s'explique par un recul du soutien aux Démocrates de Suède, parti anti-immigration, à contre-courant d'une tendance à la progression de l'extrême droite observée à l'échelle européenne.
L'issue du scrutin, considéré comme un référendum sur la promesse du Premier ministre sortant d'intégrer les Démocrates de Suède dans une coalition gouvernementale, a rendu particulièrement difficile la formation d'un nouvel exécutif stable.
Magdalena Andersson a expliqué avoir renoncé à former un gouvernement après l'annonce par le Parti de gauche, dont elle avait besoin pour obtenir une majorité, qu'il soutenait un candidat issu du centre droit pour la présidence du Parlement.
Le Parti de gauche avait pourtant affirmé auparavant qu'il ne soutiendrait que Magdalena Andersson pour occuper le poste de Première ministre.
Celle-ci pourrait toutefois obtenir une nouvelle occasion de tenter de former un gouvernement si le centre droit échouait à s'entendre.
Le président du Parlement peut soumettre jusqu'à quatre candidats à l'approbation des députés. Si les quatre sont rejetés, de nouvelles élections devront être organisées.
Compliquant encore la donne, la police a annoncé vendredi avoir ouvert des enquêtes préliminaires concernant cinq plaintes pour fraude électorale dans la région de Stockholm.
Quelques jours auparavant, les procureurs avaient déjà annoncé l'ouverture d'une enquête distincte sur des soupçons de fraude dans la ville de Borlänge, dans le centre de la Suède. Cette affaire pourrait remettre en jeu 11 sièges parlementaires si la Commission d'examen des élections ordonnait un nouveau vote dans cette circonscription.
En 2018, le social-démocrate Stefan Löfven avait mis 134 jours à former un nouveau gouvernement.
(Simon Johnson, version française Benoit Van Overstraeten et Benjamin Mallet)

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